Après la série des petits plaisirs, j'ai l'immense regret d'entamer la série des "j'ai le chic pour me retrouver dans des situations pas possibles malgré moi". Série qui malheureusement s'annonce être juteuse cette année.
Pour commencer je tiens à vous annoncer qu'aujourd'hui mercredi 4 juin, jour n°2 de deuil national (vous allez comprendre plus tard pourquoi je mentionne cet élément), j'ai perdu le peu de naïveté qui me restait.
Ma journée avait commencé d'une façon plutôt agréable. J'ai notamment eu la surprise ce matin de bénéficier d'un semblant de radio bien évidemment limité à des musiques ayant pour thèmes l'amour et la beauté du monde!
L'après-midi s'annonçait dans la même lignée jusqu' à ce qu'à 15h je reçoive un appel d'un numéro inconnu. J'hésitais donc à répondre sachant bien qu'un numéro inconnu est souvent signe de contrariétés ou d'imprévues.
Finissant par décrocher, je me retrouve en communication avec un monsieur pas si charmant que ça (mais je ne le savais pas encore) qui entame la conversation par une salutation en arabe (déjà ça commençait mal). Je me débrouille alors tant bien que mal pour lui rendre son bonjour en évitant le rituel de la réponse à l'envers. J'avoue qu'en général, je préfère esquiver ce mode de salutation afin de ne pas manquer de respect à mon interlocuteur en massacrant sa langue natale. Avec du recul j'aurais pu cette fois faire une exception.
Mon interlocuteur demande alors à parler à Aïsha. Je lui explique que je ne suis pas cette demoiselle et que je ne connais personne de ce nom. Il a donc fait un faux numéro. Après l'avoir salué, je raccroche donc soulagée de ne pas avoir eu à régler un problème supplémentaire.
Quelques heures après la situation se reproduit mais c'est une femme au téléphone qui comprend très vite qu'elle a fait une erreur. Comme quoi les femmes comprennent toujours plus rapidement que nos semblables masculins.
Sur le chemin du retour, mon téléphone se remet à sonner mais en conductrice prudente et avertie que je suis, j'ignore l'appel n'ayant pas mon kit mains libres à proximité. Une fois arrivée, fidèle à moi même, je décide de ne pas rappeler.
C'est à 20h30 que j'ai reçu le coup [de fil] de grâce.
Parce que je ne vais pas garder le suspens plus longtemps la conversation pourrait être restituée/résumée/censurée ainsi:
Vilain Monsieur Pervers: Comment ça va?
AnnSo naïve: Ça va très bien merci! Mais qui est au téléphone?
Vilain Monsieur Pervers: Est-ce que c'est Aïsha?
AnnSo encore plus naïve: Non je suis désolée ce n'est pas Aïsha! Je pense qu'il y a une erreur vous n'êtes pas la première personne à faire un faux numéro aujourd'hui!
Vilain Monsieur Pervers: Est-ce que je peux parlez à Aïsha?
AnnSo toujours naïve: Je suis désolée mais je ne connais pas d'Aïsha,....
Je vous passe les cinq ou six échanges au cours desquels j'essaye d'expliquer au vilain monsieur pervers qu'il faut raccrocher maintenant parce qu'il a fait un faux numéro. Pour des raisons que vous comprendrez tous certains mots ont été retirés afin de ne pas ébranler la sensibilité des lecteurs ainsi que pour m'éviter un second traumatisme.
Croyant naïvement avoir à faire à un touriste égaré étant donné qu'il me parlait d'hôtel et de chambre, je tentais quelque peu excédée de lui expliquer que ce numéro n'était pas celui du Jumeirah Rotana.
S'en suivirent quelques imbroglios puis les phrases clefs commencèrent à tomber. Visiblement le monsieur en question commençait à s'impatienter (âmes sensibles s'abstenir).
Vilain Monsieur Très Pervers: Mais je peux venir vous voir vous?
AnnSo qui commence à comprendre: Mais pour quoi faire? Mais qu'est ce que vous voulez à la fin?
C'est à ce moment que ma traduction a des limites, tout comme l'anglais de ce monsieur qui visiblement n'était capable de prononcer que le mot "call". Alors "call" quoi? Callgirl? Appel coquin? L'histoire ne le dit pas.
J'ai donc mis un terme à la conversation par une série de mots commençant par S et F (que nos amis anglais ne me pardonneraient pas) ainsi que par un "Do not call me ever again" qui n'a jamais été aussi sincère!

Résultat demain je m'offre le Robert et Collins des insultes (à l'avenir ça pourra toujours servir)!