mercredi 25 juin 2008

Sans commentaires

MC est rentrée de son petit voyage au Moyen Age et a décidé que désormais le port de l'Abaya serait de rigueur dans la maison.

Sans commentaires....


lundi 16 juin 2008

Clandestine en vadrouille

L'une des joies du pays des chameaux c'est que l'on peut travailler sans visa de travail.

En fait, c'est une joie pour l'employeur qui n'a pas besoin de se lancer dans des paperasseries à n'en plus finir. En revanche c'est le début d'une odyssée pour l'employé qui doit réussir à faire renouveler son visa de touriste.

Rassurez-vous ce n'est pas si compliqué que ça. Il suffit juste d'être européen, bien portant, d'avoir une voiture et des heures à perdre.

En effet, lorsque vous atterrissez à l'aéroport de ChameauLand le responsable aux frontières vous fait gracieusement cadeau (si vous êtes européen ou citoyen américain sinon il faudra passer par la case porte monnaie) d'un visa de visite de 60 jours (toujours si vous faites partie des privilégiés car pour les autres ce sera 30 jours). Passé ce délai, il vous faut soit plier bagage soit traverser la frontière la plus proche afin de renouveler votre droit de vie sur le territoire; le Saint Graal en somme!

Vous imaginez mon état de panique lorsque j'ai réalisé dimanche matin qu'il ne me restait que deux jours avant de faire partie des si-nombreux-mais-on-n'a-pas-le-droit-de-le-dire travailleurs clandestins du pays des chameaux.

C'est donc sur les coups de 17h30 que je me suis lancée avec ma petite Yaris sur la route d'Hatta en direction de l'enclave Omanaise où je pourrai passer la frontière (soit quelques 260 km Aller-Retour au milieu du désert).


Il n'y avait donc que moi, ma radio préférée, le désert, les chameaux et ma petite Yaris lancée à 140. Un autre avantage du pays des chameaux c'est que les panneaux de limitations de vitesses sont ici considérés comme totalement indicatifs. En effet, tout le monde apprend bien rapidement que les radars certes récurrents sur ces routes ne se manifestent que si l'on dépasse 20% de la vitesse autorisée.

Ma Yaris, elle, était lancée et il n'y avait de moyen pour la faire ralentir que la vue du poste frontière.

L'épopée pouvait commencer... Car non détrompez-vous! Ce n'est pas le trajet qui est le plus susceptible de vous fatiguer; mais bien les tamponnages, re-tamponnages et re-re-tamponnages nécessaires à l'obtention du Saint Graal.

J'ai donc débuté mon parcours du combattant par un petit comique qui voulait me faire croire que j'étais restée trop longtemps sur le territoire. Ce charmant jeune homme en costume militaire n'était visiblement pas très physionomiste et n'a pas su déceler mon potentiel de strangulation. En revanche il a eu le droit à une démonstration live des plus parlantes de l'expression "rire jaune". Le petit comique passé, j'avais mon tampon de sortie du pays des chameaux.

Quelques kilomètres plus loin, le tampon d'entrée au pays des comiques prend quant à lui souvent plus de temps. En effet, il faut remplir une fiche de renseignement, expliquer le plus gentillement du monde au monsieur assis derrière le guichet que vous ne voulez pas rester dans son pays et que vous voulez simplement rentrer au pays des animaux à bosses. S'en suivent alors quelques échanges courtois au cours desquels le gentil monsieur assis derrière son guichet essaye de vous convaincre de rester, pour finir par l'incontournable passage au porte monnaie.

En tout cas était-ce le fait d'avoir coché la case "female" et signalé que j'étais seule ou bien qu'il se faisait tard mais le gentil monsieur assis derrière son comptoir m'a, pour je ne sais quelle raison, gratifiée d'un tampon d'entrée ainsi que d'un tampon de sortie.

Nul besoin donc de passer par la case troisième guichet c'est le monsieur qui m'attendait dehors qui a du être déçu.

Il restait donc le dernier guichet, c'est à dire si vous suivez bien, celui qui est juste en face du premier guichet, mais qui lui vous comble de joie au point tel que vous serriez prêt à sauter au cou du monsieur pas commode qui vient d'apposer la dernière brutalité à ce qui vous sert de passeport.

Mon visa de visiteuse pas comme les autres dans la boite à gants, ma petite Yaris a certes eu une dernière émotion lorsque son passage a été salué par une marée de sifflements.

Finalement ils sont plutôt sympa ces agents aux frontières. Avec un tel accueil c'est promis, je reviens dans deux mois...

mercredi 4 juin 2008

Téléphone rose

Après la série des petits plaisirs, j'ai l'immense regret d'entamer la série des "j'ai le chic pour me retrouver dans des situations pas possibles malgré moi". Série qui malheureusement s'annonce être juteuse cette année.

Pour commencer je tiens à vous annoncer qu'aujourd'hui mercredi 4 juin, jour n°2 de deuil national (vous allez comprendre plus tard pourquoi je mentionne cet élément), j'ai perdu le peu de naïveté qui me restait.

Ma journée avait commencé d'une façon plutôt agréable. J'ai notamment eu la surprise ce matin de bénéficier d'un semblant de radio bien évidemment limité à des musiques ayant pour thèmes l'amour et la beauté du monde!

L'après-midi s'annonçait dans la même lignée jusqu' à ce qu'à 15h je reçoive un appel d'un numéro inconnu. J'hésitais donc à répondre sachant bien qu'un numéro inconnu est souvent signe de contrariétés ou d'imprévues.

Finissant par décrocher, je me retrouve en communication avec un monsieur pas si charmant que ça (mais je ne le savais pas encore) qui entame la conversation par une salutation en arabe (déjà ça commençait mal). Je me débrouille alors tant bien que mal pour lui rendre son bonjour en évitant le rituel de la réponse à l'envers. J'avoue qu'en général, je préfère esquiver ce mode de salutation afin de ne pas manquer de respect à mon interlocuteur en massacrant sa langue natale. Avec du recul j'aurais pu cette fois faire une exception.

Mon interlocuteur demande alors à parler à Aïsha. Je lui explique que je ne suis pas cette demoiselle et que je ne connais personne de ce nom. Il a donc fait un faux numéro. Après l'avoir salué, je raccroche donc soulagée de ne pas avoir eu à régler un problème supplémentaire.

Quelques heures après la situation se reproduit mais c'est une femme au téléphone qui comprend très vite qu'elle a fait une erreur. Comme quoi les femmes comprennent toujours plus rapidement que nos semblables masculins.

Sur le chemin du retour, mon téléphone se remet à sonner mais en conductrice prudente et avertie que je suis, j'ignore l'appel n'ayant pas mon kit mains libres à proximité. Une fois arrivée, fidèle à moi même, je décide de ne pas rappeler.

C'est à 20h30 que j'ai reçu le coup [de fil] de grâce.

Parce que je ne vais pas garder le suspens plus longtemps la conversation pourrait être restituée/résumée/censurée ainsi:

Vilain Monsieur Pervers: Comment ça va?
AnnSo naïve: Ça va très bien merci! Mais qui est au téléphone?
Vilain Monsieur Pervers: Est-ce que c'est Aïsha?
AnnSo encore plus naïve: Non je suis désolée ce n'est pas Aïsha! Je pense qu'il y a une erreur vous n'êtes pas la première personne à faire un faux numéro aujourd'hui!
Vilain Monsieur Pervers: Est-ce que je peux parlez à Aïsha?
AnnSo toujours naïve: Je suis désolée mais je ne connais pas d'Aïsha,....

Je vous passe les cinq ou six échanges au cours desquels j'essaye d'expliquer au vilain monsieur pervers qu'il faut raccrocher maintenant parce qu'il a fait un faux numéro. Pour des raisons que vous comprendrez tous certains mots ont été retirés afin de ne pas ébranler la sensibilité des lecteurs ainsi que pour m'éviter un second traumatisme.

Croyant naïvement avoir à faire à un touriste égaré étant donné qu'il me parlait d'hôtel et de chambre, je tentais quelque peu excédée de lui expliquer que ce numéro n'était pas celui du Jumeirah Rotana.

S'en suivirent quelques imbroglios puis les phrases clefs commencèrent à tomber. Visiblement le monsieur en question commençait à s'impatienter (âmes sensibles s'abstenir).

Vilain Monsieur Très Pervers: Mais je peux venir vous voir vous?
AnnSo qui commence à comprendre: Mais pour quoi faire? Mais qu'est ce que vous voulez à la fin?

C'est à ce moment que ma traduction a des limites, tout comme l'anglais de ce monsieur qui visiblement n'était capable de prononcer que le mot "call". Alors "call" quoi? Callgirl? Appel coquin? L'histoire ne le dit pas.

J'ai donc mis un terme à la conversation par une série de mots commençant par S et F (que nos amis anglais ne me pardonneraient pas) ainsi que par un "Do not call me ever again" qui n'a jamais été aussi sincère!
Résultat demain je m'offre le Robert et Collins des insultes (à l'avenir ça pourra toujours servir)!

mardi 3 juin 2008

Rituel radiophonique perturbé

Si je continue dans la série des petits plaisirs de tous les jours (je vais finir par faire un top 50), il y en a un que j'affectionne tout particulièrement.

Ce plaisir simple, qui conditionne souvent le cours même de ma journée, réside dans le fait de pouvoir écouter tous les matins et tous les soirs ma radio préférée, radio Chameau , sur le parcours beaucoup moins apprécié qui relie ma petite villa de Jumeirah à la free zone de l'aéroport où se trouve mon" brand new" bureau.

(Je dis "brand new" car si vous avez bien suivi mes aventures, nous avons le plaisir depuis dimanche de faire rouler nos chaises sur un nouveau parquet tout beau. Normal c'est bibi qui l'a choisi)

Ce soir, j'enclenchais donc le contact de ma petit Yaris (qui va finir par s'appeler Britney si personne ne me donne une meilleure idée) prête à me soumettre aux ondes entrainantes de mon poste de radio.

Quand soudain... Malheur!!! Qui a osé toucher aux réglages de mon bienfaiteur musical? Pour quelle horrible raison l'une des radios les plus R&B du pays des chameaux a t-elle fait place à de la musique classique?

En proie à une vague de doute, je commence à zapper entre les stations en essayant de trouver une explication.

C'est lorsque je me suis aventurée sur les ondes de la radio rock et que j'ai pu constater qu'elle aussi diffusait désormais une musique d'ascenseur que j'ai enfin compris ce qu'il se passait.

Non, le pays des chameaux n'avait pas subit les effets d'une explosion magnétique ayant perturbé les systèmes radiophoniques. Nous ne sommes pas non plus un premier avril et ce n'est en aucun cas le fait d'une blague poissonneuse.

La raison, la voici: aujourd'hui mardi 3 juin 2008, est décédé, dans un accident d'hélicoptère tragique, Sheikh Nasser bin Zayed Al Nahyan (qu'il repose en paix), frère de HH Sheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan, président des Emirats Arabes Unis et rouleur d'Abu Dhabi.

Il a donc été annoncé un deuil national de 3 jours.

C'est ainsi que pendant ce laps de temps, toutes les distractions seront suspendues dans le pays. Les bars, restaurants et autres lieux publics ont donc interdiction de vendre de l'alcool ainsi que de diffuser de la musique. Les programmes des stations de radio quant à eux sont soumis à modifications.

Aujourd'hui, bercée par les notes des plus grands compositeurs, j'ai donc conduis d'une façon beaucoup plus sereine. Je ne me suis presque pas emportée sur les automobilistes qui me faisaient des queues de poisson et j'ai même cordialement laissé passer quelques voitures par simple gentillesse.

Cependant, il faut tout de même avouer que ce genre de musique n'est pas destiné à éveiller la vigilance des conducteurs! Je ne réitérerai donc pas l'expérience et me laisserai dorénavant bercée par le bruit de mon moteur particulièrement bruyant ainsi que celui de la route.

Je tenais cependant à relever le patriotisme des habitants du pays des chameaux. Ce n'est pas au pays de la Tour Eiffel que nous serions prêt à sacrifier nos petits plaisirs pour rendre un dernier hommage à l'un de nos dignitaires ou autres personnages publics.

C'est pourquoi j'ai décidé que pour l'occasion ce deuil serait également rendu en l'hommage du grand prêtre de la mode qui nous a quitté ces derniers jours, j'ai nommé son altesse Yves St Laurent.