En fait, c'est une joie pour l'employeur qui n'a pas besoin de se lancer dans des paperasseries à n'en plus finir. En revanche c'est le début d'une odyssée pour l'employé qui doit réussir à faire renouveler son visa de touriste.
Rassurez-vous ce n'est pas si compliqué que ça. Il suffit juste d'être européen, bien portant, d'avoir une voiture et des heures à perdre.
En effet, lorsque vous atterrissez à l'aéroport de ChameauLand le responsable aux frontières vous fait gracieusement cadeau (si vous êtes européen ou citoyen américain sinon il faudra passer par la case porte monnaie) d'un visa de visite de 60 jours (toujours si vous faites partie des privilégiés car pour les autres ce sera 30 jours). Passé ce délai, il vous faut soit plier bagage soit traverser la frontière la plus proche afin de renouveler votre droit de vie sur le territoire; le Saint Graal en somme!
Vous imaginez mon état de panique lorsque j'ai réalisé dimanche matin qu'il ne me restait que deux jours avant de faire partie des si-nombreux-mais-on-n'a-pas-le-droit-de-le-dire travailleurs clandestins du pays des chameaux.
C'est donc sur les coups de 17h30 que je me suis lancée avec ma petite Yaris sur la route d'Hatta en direction de l'enclave Omanaise où je pourrai passer la frontière (soit quelques 260 km Aller-Retour au milieu du désert).

Il n'y avait donc que moi, ma radio préférée, le désert, les chameaux et ma petite Yaris lancée à 140. Un autre avantage du pays des chameaux c'est que les panneaux de limitations de vitesses sont ici considérés comme totalement indicatifs. En effet, tout le monde apprend bien rapidement que les radars certes récurrents sur ces routes ne se manifestent que si l'on dépasse 20% de la vitesse autorisée.
Ma Yaris, elle, était lancée et il n'y avait de moyen pour la faire ralentir que la vue du poste frontière.
L'épopée pouvait commencer... Car non détrompez-vous! Ce n'est pas le trajet qui est le plus susceptible de vous fatiguer; mais bien les tamponnages, re-tamponnages et re-re-tamponnages nécessaires à l'obtention du Saint Graal.
J'ai donc débuté mon parcours du combattant par un petit comique qui voulait me faire croire que j'étais restée trop longtemps sur le territoire. Ce charmant jeune homme en costume militaire n'était visiblement pas très physionomiste et n'a pas su déceler mon potentiel de strangulation. En revanche il a eu le droit à une démonstration live des plus parlantes de l'expression "rire jaune". Le petit comique passé, j'avais mon tampon de sortie du pays des chameaux.
Quelques kilomètres plus loin, le tampon d'entrée au pays des comiques prend quant à lui souvent plus de temps. En effet, il faut remplir une fiche de renseignement, expliquer le plus gentillement du monde au monsieur assis derrière le guichet que vous ne voulez pas rester dans son pays et que vous voulez simplement rentrer au pays des animaux à bosses. S'en suivent alors quelques échanges courtois au cours desquels le gentil monsieur assis derrière son guichet essaye de vous convaincre de rester, pour finir par l'incontournable passage au porte monnaie.
En tout cas était-ce le fait d'avoir coché la case "female" et signalé que j'étais seule ou bien qu'il se faisait tard mais le gentil monsieur assis derrière son comptoir m'a, pour je ne sais quelle raison, gratifiée d'un tampon d'entrée ainsi que d'un tampon de sortie.
Nul besoin donc de passer par la case troisième guichet c'est le monsieur qui m'attendait dehors qui a du être déçu.
Il restait donc le dernier guichet, c'est à dire si vous suivez bien, celui qui est juste en face du premier guichet, mais qui lui vous comble de joie au point tel que vous serriez prêt à sauter au cou du monsieur pas commode qui vient d'apposer la dernière brutalité à ce qui vous sert de passeport.
Mon visa de visiteuse pas comme les autres dans la boite à gants, ma petite Yaris a certes eu une dernière émotion lorsque son passage a été salué par une marée de sifflements.
Finalement ils sont plutôt sympa ces agents aux frontières. Avec un tel accueil c'est promis, je reviens dans deux mois...
1 commentaire:
Et oui ton passage même furtif dans les locaux du poste frontière a une heure aussi tardive et seule a perturbé la routine quotidienne de ses pauvres militaires !!!
Et je vais vraiment croire que ma fille adore les situations à risques.
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